Lampe infrarouge : 5 bienfaits prouvés pour les abeilles et la protection des ruches

Claire D.

7 mars 2026

La lampe infrarouge est un dispositif qui émet des rayonnements lumineux invisibles à l’œil nu, situés juste au-delà du spectre visible. Longtemps cantonnée à la médecine humaine et à la kinésithérapie, elle s’invite aujourd’hui dans un domaine inattendu : la protection des abeilles. Des travaux scientifiques sérieux, publiés dans des revues de référence, montrent que la lumière infrarouge pourrait contrecarrer les effets dévastateurs des pesticides sur les colonies. Un espoir concret, fondé sur la biologie cellulaire.

Qu’est-ce qu’une lampe infrarouge ?

Une lampe infrarouge produit un rayonnement électromagnétique dont la longueur d’onde se situe entre 780 nanomètres et 1 400 nanomètres pour l’infrarouge proche (IR-A), et jusqu’à 3 000 nm pour l’infrarouge moyen (IR-B). À la différence d’une simple lampe chauffante, une lampe infrarouge thérapeutique cible des longueurs d’onde précises, capables de pénétrer les tissus biologiques pour agir directement au niveau cellulaire.

Ce type de lumière n’a rien de magique. Son mécanisme d’action est bien documenté : les photons infrarouges sont absorbés par les mitochondries, les centrales énergétiques de la cellule, ce qui stimule la production d’ATP (adénosine triphosphate), molécule essentielle au fonctionnement de toute cellule vivante. La réduction du stress oxydatif et l’amélioration du métabolisme cellulaire qui en résultent expliquent la majorité des effets observés, chez l’humain comme chez l’abeille.

Les grandes familles d’infrarouges

TypeLongueur d’ondePénétration tissulaireUsage principal
IR-A (proche)780 – 1 400 nmProfonde (plusieurs cm)Thérapeutique, luminothérapie
IR-B (moyen)1 400 – 3 000 nmSuperficielle (peau)Chauffage, médecine physique
IR-C (lointain)3 000 nm – 1 mmTrès superficielleSaunas infrarouges

La lampe infrarouge et les abeilles : une découverte scientifique majeure

En 2016, le professeur Glen Jeffery de l’Institut d’ophtalmologie de l’University College de Londres (UCL) a publié dans la revue PLOS ONE une étude qui allait marquer un tournant dans la recherche apicole. Sa question de départ était simple : si la lumière infrarouge améliore la fonction mitochondriale chez les humains et les animaux, que se passe-t-il chez des abeilles intoxiquées aux néonicotinoïdes ?

L’expérience de Glen Jeffery : protocole et résultats

Deux groupes d’abeilles ont été exposés à l’imidaclopride, une des substances actives les plus répandues dans la famille des néonicotinoïdes. Seul le premier groupe a ensuite reçu un traitement quotidien à la lumière rouge proche de l’infrarouge, deux fois par jour pendant deux semaines. Le résultat est sans appel : les abeilles traitées par la lumière ont retrouvé une mobilité normale, continuaient à voler et à butiner, tandis que les abeilles non traitées présentaient des difficultés motrices progressives et mouraient prématurément.

Les néonicotinoïdes agissent en dépolarisant les mitochondries et en perturbant la production d’ATP, ce qui paralyse progressivement le système nerveux et musculaire de l’insecte. La lumière infrarouge inverse précisément ce mécanisme : elle restaure la fonction mitochondriale et relance la production d’énergie cellulaire. En dehors de l’abeille noire et des autres espèces sauvages, toutes les colonies domestiques sont potentiellement exposées à ce risque chimique.

Un traitement préventif autant que curatif

Ce qui rend cette découverte particulièrement précieuse, c’est sa double dimension. Glen Jeffery l’affirme lui-même : les abeilles non contaminées exposées à la lumière infrarouge voient également leurs défenses renforcées. La lumière infrarouge n’est donc pas seulement un remède, c’est aussi un outil de prévention. Après le traitement, les abeilles continuent leur vie normalement, sans dépendance au dispositif lumineux.

Les 5 bienfaits prouvés de la lampe infrarouge pour les abeilles

  1. Restauration de la fonction mitochondriale : la lumière infrarouge relance la chaine respiratoire des mitochondries, perturbée par les néonicotinoïdes, et normalise la production d’ATP.
  2. Réduction du stress oxydatif : les espèces réactives de l’oxygène (ROS), responsables des dommages cellulaires, diminuent significativement après exposition à la lumière rouge proche infrarouge.
  3. Amélioration de la mobilité et du comportement de butinage : les abeilles traitées retrouvent une motricité normale et maintiennent leur activité de vol, essentielle à la pollinisation.
  4. Renforcement de l’immunité de la colonie : une meilleure santé cellulaire individuelle se traduit par des colonies plus robustes, mieux armées contre les agents pathogènes et les facteurs de stress environnementaux.
  5. Meilleure thermorégulation de la ruche : des abeilles plus énergiques maintiennent plus efficacement la température interne de la ruche, un processus vital pour le couvain.

De la recherche au terrain : l’innovation Onibi Light de BeeFutures

Les travaux de Glen Jeffery ont inspiré directement la startup BeeFutures, qui a développé sous la marque Onibi une technologie de luminothérapie intra-ruche. L’entreprise s’est associée aux chercheurs de l’UCL pour concevoir un dispositif breveté qui diffuse des longueurs d’onde précises à des intervalles définis scientifiquement, directement à l’intérieur de la ruche. Le système fait partie d’une plateforme plus large intégrant capteurs de surveillance, analyse de la biodiversité par intelligence artificielle et traitement non chimique des varroas par la chaleur.

Les données publiées par BeeFutures confirment les résultats de laboratoire : les abeilles traitées par photobiomodulation présentent des niveaux d’ATP supérieurs et une réduction mesurable des marqueurs inflammatoires (ROS). Cette traduction du laboratoire vers le terrain représente une avancée concrète pour les apiculteurs qui cherchent des alternatives aux traitements chimiques. Dans la même logique de solutions durables et sans intrants, on peut citer la harpe anti-frelon, autre dispositif non chimique de protection des ruches.

Comment utiliser une lampe infrarouge en apiculture ?

À ce stade, les protocoles validés restent issus du cadre expérimental et des spécifications d’Onibi Light. Voici ce que la recherche indique pour une application pratique :

  • Longueur d’onde recommandée : lumière rouge proche infrarouge, autour de 670 nm (rouge visible) à 850 nm (infrarouge proche)
  • Fréquence d’exposition : deux fois par jour selon le protocole de l’étude UCL
  • Durée des séances : courtes, de l’ordre de 10 à 15 minutes
  • Positionnement : à l’intérieur ou à proximité immédiate de la ruche, sans perturber le comportement naturel des abeilles
  • Période : en préventif toute la saison, ou en curatif dès la détection de signes d’intoxication

Il est important de noter que la lumière rouge proche infrarouge ne perturbe pas le comportement des abeilles. Leurs photorécepteurs ne sont pas sensibles à ces longueurs d’onde de la même façon que l’humain, ce qui permet une exposition sans stress comportemental pour la colonie. Pour les apiculteurs souhaitant aller plus loin dans une approche non chimique, le sujet du piège à frelon complète naturellement cette démarche de protection intégrée.

Précautions et limites actuelles de la recherche

Si les résultats sont prometteurs, la communauté scientifique appelle à la prudence sur quelques points. L’étude de 2016 reste la référence principale ; des essais à plus grande échelle, en conditions réelles de terrain et sur plusieurs saisons, sont nécessaires pour confirmer l’efficacité à long terme. Par ailleurs, la lampe infrarouge ne s’attaque pas aux causes de la mortalité des abeilles : elle traite les symptômes d’une intoxication mais ne remplace en rien la réduction à la source de l’usage des néonicotinoïdes.

La photobiomodulation est un complément, pas une solution unique. Elle s’inscrit dans une approche intégrée qui inclut la diversification des sources mellifères, la gestion raisonnée des traitements vétérinaires et l’aménagement de l’environnement agricole. Le rôle du pollen comme indicateur de la biodiversité florale autour des ruches reste, par exemple, un outil de suivi incontournable pour tout apiculteur engagé.

FAQ — Lampe infrarouge et protection des abeilles

La lampe infrarouge est-elle dangereuse pour les abeilles ?

Non, à condition d’utiliser les bonnes longueurs d’onde. Les études menées par l’UCL n’ont constaté aucune modification comportementale ni aucun effet négatif lors des expositions à la lumière rouge proche infrarouge. Les abeilles ne sont pas sensibles à ces longueurs d’onde de la même façon que l’humain.

Peut-on utiliser une lampe infrarouge classique dans une ruche ?

Il est déconseillé d’utiliser une lampe infrarouge grand public, conçue pour la thérapie humaine, sans protocole adapté. Les dispositifs spécialisés comme Onibi Light sont calibrés pour diffuser les bonnes longueurs d’onde à la bonne intensité et au bon rythme. Une surchauffe de la ruche serait plus dommageable que bénéfique.

Cette technologie est-elle accessible aux petits apiculteurs ?

BeeFutures développe ses solutions pour les exploitations de toutes tailles, mais les dispositifs intégrés représentent encore un investissement. La recherche académique se poursuit et d’autres formes d’application, plus accessibles, pourraient émerger dans les prochaines années.

Conclusion

La lampe infrarouge incarne une approche nouvelle et rigoureusement scientifique de la protection des abeilles. En agissant directement sur les mitochondries, elle offre une réponse biologique aux dégâts causés par les néonicotinoïdes, sans produit chimique supplémentaire et sans modifier le comportement naturel des colonies. Les travaux du professeur Glen Jeffery, prolongés par l’innovation d’entreprises comme BeeFutures, ouvrent une voie sérieuse vers une apiculture plus résiliente. Ce n’est pas une solution miracle, mais un maillon solide dans une stratégie de protection intégrée des pollinisateurs, au moment où chaque outil compte.

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