Les chiens de la Reine d’Angleterre : 7 secrets sur les Corgis royaux

Claire D.

19 mai 2026

  • Elizabeth II a possédé plus de 30 Corgis en 70 ans de règne, issus de la ligne généalogique de Susan, son premier chien offert en 1933.
  • Les Corgis royaux bénéficiaient de soins médicaux 24/7, d’un personnel dédié et d’accès exclusif aux jardins du palais de Buckingham.
  • Le croisement Dorgi (Corgi + Dachshund) est né de l’union entre Candy, un Corgi de la Reine, et Wiener, un Dachshund du prince Andrew.
  • La popularité mondiale des Corgis a augmenté de 400% depuis les années 1950, directement liée à l’influence royale sur la race.

Impossible d’évoquer la famille royale britannique sans penser immédiatement à ses compagnons à quatre pattes. Le chien de la Reine d’Angleterre est devenu, au fil des décennies, un symbole aussi fort que la couronne ou le palais de Buckingham. Qui sont vraiment ces animaux qui ont partagé 70 ans de règne avec Elizabeth II ? Combien étaient-ils, comment vivaient-ils, et que sont-ils devenus après le décès de leur maîtresse en septembre 2022 ? Cet article lève le voile sur les Corgis royaux : leur histoire généalogique précise, leur vie de château, les controverses actuelles qui menacent la race, et l’héritage inattendu qu’ils ont laissé bien au-delà des frontières britanniques. En lisant jusqu’au bout, vous découvrirez des détails que même les passionnés de la famille royale ignorent souvent.

chien de la reine d'angleterre

Des origines galloises millénaires aux débats génétiques d’aujourd’hui, portrait complet d’une race devenue icône mondiale grâce à une reine et à ses fidèles compagnons.

Sommaire :

Les Corgis : le choix emblématique et millénaire de la Reine

Origines galloises et caractéristiques distinctives

Le Welsh Corgi Pembroke est une race ancienne, dont les premières traces remontent au XIIe siècle au Pays de Galles. Élevé à l’origine pour conduire les troupeaux de bovins sur les terres galloises, il se distingue par sa silhouette basse, ses pattes courtes et sa capacité à mordiller les talons du bétail pour le guider, tout en évitant les ruades grâce à sa petite taille. Cette fonction pastorale ancestrale lui a forgé un caractère vif, alerte et extrêmement intelligent, des qualités qui n’ont pas échappé à la couronne britannique.

Il existe deux variétés distinctes : le Welsh Corgi Pembroke, sans queue naturelle, et le Welsh Corgi Cardigan, légèrement plus grand avec une longue queue touffue. Elizabeth II a toujours préféré le Pembroke, plus compact et au tempérament légèrement plus enjoué. Sa face renarde, ses grandes oreilles dressées et son expression perpétuellement alerte en font un chien immédiatement reconnaissable, dont l’image est aujourd’hui indissociable du Royaume-Uni.

Pourquoi Elizabeth II a choisi cette race

Le choix n’est pas le fruit du hasard. La combinaison d’une taille idéale pour évoluer dans les couloirs d’un palais, d’un tempérament affectueux sans être envahissant, et d’une intelligence remarquable a séduit la jeune princesse dès l’enfance. Le Corgi n’est pas un chien de salon passif : il observe, interagit, répond aux émotions de son maître avec une précision déconcertante. Pour une monarque dont chaque journée était réglée à la minute, avoir à ses côtés un animal à la fois calme et réactif représentait un équilibre parfait.

À l’image du chien loup américain, dont l’attachement à son maître est légendaire, le Corgi développe des liens d’une intensité rare avec son foyer et ses proches — une caractéristique que la Reine a particulièrement valorisée tout au long de sa vie.

De Susan à Willow : l’histoire généalogique des Corgis royaux

Susan, le Corgi fondateur (1944-1959)

Tout commence avec un cadeau d’anniversaire offert à la princesse Elizabeth en 1944, pour ses 18 ans : une femelle Corgi prénommée Susan. Ce n’est pas le premier Corgi à entrer au palais — son père, le roi George VI, en possédait déjà depuis 1933 — mais c’est Susan qui va fonder la lignée personnelle de la future reine. La complicité entre les deux est immédiate et absolue. Lors du mariage d’Elizabeth avec le prince Philip en novembre 1947, Susan voyage dans le train royal pour accompagner le couple en lune de miel à Broadlands. Un privilège exceptionnel, révélateur de la place unique qu’occupait déjà ce chien dans le cœur de la princesse.

Susan donnera naissance à de nombreuses portées, dont descendent la quasi-totalité des Corgis royaux qui suivront. Elle décède en 1959, à l’âge de 15 ans, et est enterrée dans le domaine royal de Sandringham, avec une épitaphe gravée sur sa pierre tombale.

L’expansion de la lignée royale (1950-2022)

En 70 ans de règne, Elizabeth II a possédé plus de 30 Corgis, principalement issus de deux souches : la lignée directe de Susan et une lignée secondaire introduite plus tard via Holly. Les naissances étaient soigneusement planifiées, les accouplements sélectionnés par la Reine elle-même, qui s’impliquait personnellement dans le choix des reproducteurs. Cette implication directe est documentée dans plusieurs ouvrages de membres de la maison royale.

Parmi les noms les plus mémorables : Monty, Holly, Willow, Candy, Myth et Fable. Chaque nom choisi par Elizabeth II reflétait un univers personnel, souvent lié à la nature ou aux traditions rurales britanniques. Monty, le Corgi le plus célèbre après Susan, a même participé à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres en 2012, aux côtés de la Reine et de l’acteur Daniel Craig dans une vidéo restée dans les mémoires.

L’arbre généalogique détaillé : chiffres et anecdotes

À partir de 2012, Elizabeth II a progressivement décidé de ne plus accueillir de nouveaux chiots, craignant de laisser des animaux orphelins si elle venait à disparaître avant eux. En 2022, au moment de son décès, deux Corgis étaient encore vivants : Muick et Sandy, offerts par le prince Andrew pendant la période de confinement en 2021 pour redonner de la vie aux appartements royaux. Willow, la dernière Corgi issue de la lignée historique de Susan, était décédée en avril 2022, quelques mois avant la Reine elle-même, à l’âge de 15 ans. Sa perte avait profondément affecté Elizabeth II, alors déjà fragilisée par la maladie.

La vie de château : traitement et quotidien des Corgis au palais

Aménagements spécialisés et soins vétérinaires

Les Corgis royaux bénéficiaient de conditions de vie sans équivalent dans le monde canin. Un vétérinaire royal était disponible en permanence, avec des bilans de santé réguliers comparables aux standards médicaux les plus exigeants. Chaque chien avait un dossier de santé détaillé, suivi année après année, intégrant vaccinations, bilans sanguins, contrôles dentaires et examens orthopédiques — particulièrement importants pour une race prédisposée aux problèmes de colonne vertébrale.

Les couchages étaient loin d’être ordinaires : des paniers rembourrés et des coussins de qualité meublaient les appartements privés de la Reine à Buckingham, à Windsor et à Balmoral. Les chiens dormaient à proximité immédiate de leur maîtresse, une présence physique quasi-permanente que la Reine considérait comme indispensable à son équilibre quotidien.

Personnel dédié et routines quotidiennes

Chaque Corgi bénéficiait de l’attention de deux à trois soigneurs dédiés, responsables de l’alimentation, de la toilette quotidienne, du brossage du pelage et des sessions d’exercice. Ces promenades avaient lieu chaque matin dans les 16 hectares de jardins du palais de Buckingham, espace vert exceptionnel au cœur de Londres. Les jeux supervisés et les courses dans les allées du parc faisaient partie d’une routine immuable, quel que soit l’agenda chargé de la Reine.

La Reine elle-même participait à l’alimentation de ses chiens. Selon plusieurs témoignages de membres du personnel royal, elle préparait parfois personnellement les gamelles le matin, une habitude maintenue même lors de réceptions d’État ou de journées particulièrement chargées.

Privilèges et régime alimentaire royal

Le régime des Corgis royaux était élaboré par un nutritionniste animalier attitré. Au menu : viandes de qualité supérieure issues d’élevages sans antibiotiques, légumes frais cuits à la vapeur, et portions rigoureusement calculées pour éviter le surpoids — un problème fréquent dans la race. Pas de croquettes industrielles : chaque repas était préparé sur mesure, deux fois par jour, avec une régularité horaire stricte. Ce soin particulier apporté à l’alimentation contraste avec les pratiques moyennes des propriétaires de Corgis, dont 45 % des chiens présentent aujourd’hui un surpoids selon les vétérinaires britanniques.

Au-delà des Corgis : les autres races dans les appartements royaux

Les Dorgis : un croisement royal accidentel

L’histoire du Dorgi commence par un accident. Dans les années 1970, Candy, l’une des Corgis de la Reine, s’accouple avec Wiener, le Dachshund appartenant à la princesse Margaret, sœur d’Elizabeth II. Le résultat est une portée de chiots hybrides, au corps allongé hérité du Dachshund et au tempérament vif du Corgi : le Dorgi était né. Loin de s’en formaliser, la Reine s’est attachée à ces hybrides, qui ont peuplé les appartements royaux pendant plusieurs décennies.

Entre les années 1970 et 2010, Elizabeth II a possédé environ huit Dorgis. Ces croisements, moins stables génétiquement que les races pures, ont rarement été mentionnés dans la presse officielle, mais leur existence est bien documentée. Le tempérament des Dorgis est décrit par les membres du personnel comme légèrement plus indépendant que celui des Corgis purs, avec une tendance plus marquée à l’entêtement héritée du Dachshund.

Autres races occasionnelles : épagneuls et Labradors

Si les Corgis et les Dorgis ont dominé la vie canine du palais, Elizabeth II a également côtoyé des Épagneuls Cavalier King Charles — une race traditionnellement associée à la royauté britannique depuis le XVIIe siècle — ainsi que des Labradors Retrievers sur les domaines de chasse, notamment à Balmoral et Sandringham. Ces derniers étaient cependant davantage des chiens de travail liés aux activités cynégétiques de la famille royale que des compagnons personnels de la Reine au sens strict.

L’impact royal : comment Elizabeth II a révolutionné la popularité mondiale du Corgi

Augmentation des ventes et de l’intérêt depuis 1952

L’influence d’Elizabeth II sur la popularité du Corgi est documentée et spectaculaire. Au Royaume-Uni, le nombre de Corgis enregistrés au Kennel Club britannique est passé de 10 000 individus en 1950 à 30 000 en 1980, puis à plus de 50 000 en 2020 — soit une multiplication par cinq en soixante-dix ans. Entre 1950 et 1970 seuls, les naissances enregistrées ont augmenté de plus de 400 %, une progression directement corrélée à la visibilité royale et à la couverture médiatique croissante des chiens de la monarque.

L’impact dépasse largement les frontières britanniques. Aux États-Unis, la popularité du Corgi est en grande partie attribuable à la représentation royale : la race, quasi-confidentielle avant les années 1950, figure aujourd’hui régulièrement dans le top 15 des races les plus populaires selon l’American Kennel Club. Au Japon, le Corgi est devenu un phénomène culturel à part entière, inspirant des produits dérivés, des cafés thématiques et des communautés de fans qui se comptent en millions.

Effet du décès royal en 2022

Paradoxalement, le décès d’Elizabeth II en septembre 2022 a provoqué un engouement encore plus intense pour la race. Sur les plateformes d’adoption et les sites d’éleveurs, les demandes de chiots Corgi ont augmenté de 250 % dans les semaines suivant l’annonce du décès royal. Cette demande explosive a malheureusement favorisé l’émergence d’éleveurs peu scrupuleux, sans suivi génétique ni contrôle sanitaire, aggravant les problèmes de santé déjà préoccupants dans la race.

Le destin des Corgis après le décès d’Elizabeth II

Qui a recueilli les compagnons royaux

Au moment du décès de la Reine le 8 septembre 2022, deux chiens étaient encore présents au palais : Muick et Sandy, deux Corgis offerts par le prince Andrew en 2021. Conformément aux dernières volontés de la Reine, ils ont été confiés au prince Andrew et à son ex-épouse Sarah Ferguson, qui résident à Royal Lodge, dans le domaine de Windsor. Les deux chiens y vivent toujours, selon les informations disponibles en 2024.

Willow, la dernière représentante de la lignée historique de Susan, était décédée en avril 2022, avant même la Reine. Sa mort avait été officiellement annoncée par le palais de Buckingham — un communiqué rare pour la disparition d’un animal, révélateur de l’attachement sincère que portait la Reine à ses compagnons. Si vous vous interrogez sur les besoins spécifiques des chiens en matière de sécurité et de confinement, le guide complet sur le collier anti-fugue chien apporte des réponses concrètes et adaptées.

L’héritage émotionnel et public

Lors des funérailles d’État du 19 septembre 2022, une image a fait le tour du monde : deux Corgis attendant devant les grilles de Windsor, au passage du cortège funèbre. Ce moment, organisé par la famille royale en hommage à la passion de toute une vie, a généré une émotion collective internationale difficile à quantifier. Le roi Charles III, successeur d’Elizabeth II, n’a pas adopté de Corgis : cette rupture symbolique marque officiellement la fin d’une ère de plus de sept décennies.

Controverses actuelles : vers une interdiction du Corgi en Angleterre ?

Les problèmes génétiques du Corgi moderne

Derrière l’image attachante du Corgi se cache une réalité vétérinaire préoccupante. La morphologie même de la race — corps allongé, pattes très courtes, poids concentré sur une colonne vertébrale comprimée — génère des pathologies récurrentes. La dysplasie de la hanche, les hernies discales et les problèmes neurologiques liés à la chondrodysplasie (la déformation génétique qui confère leur silhouette caractéristique aux Corgis) touchent une proportion croissante d’individus. Les vétérinaires britanniques estiment que plus de 60 % des Corgis adultes présentent des signes cliniques de douleur chronique liée à leur morphologie.

Le surpoids aggrave considérablement ces problèmes : 45 % des Corgis domestiques sont en surpoids, un chiffre supérieur à la moyenne nationale canine (35 %), lié en partie à la popularité explosive de la race et à l’adoption par des propriétaires insuffisamment informés des besoins spécifiques de ces chiens.

Les débats sur les sélections irresponsables

En 2025, le Kennel Club britannique a ouvert un débat sur l’encadrement des croisements entre individus apparentés dans plusieurs races à morphologie extrême, dont le Corgi. Il ne s’agit pas d’une interdiction de la race — contrairement à ce que certains titres de presse ont laissé entendre — mais d’une proposition de régulation génétique visant à réduire la consanguinité, responsable de l’aggravation des troubles orthopédiques et neurologiques au fil des générations.

Le paradoxe est saisissant : la demande explosive post-2022 a alimenté des élevages opportunistes sans suivi génétique, accélérant précisément les problèmes que la réglementation cherche à corriger. Certains généticiens britanniques alertent sur le fait que sans intervention rapide, la race pourrait connaître une dégradation irréversible de son pool génétique d’ici deux à trois générations.

L’héritage durable des Corgis royaux

Le lien entre Elizabeth II et ses Corgis représente bien plus qu’une anecdote de cour : c’est une relation de 70 ans, construite sur la fidélité, la constance et une affection sincère qui a traversé guerres, deuils, crises politiques et célébrations mondiales. Le chien de la Reine d’Angleterre est devenu, au fil des décennies, un ambassadeur involontaire du Royaume-Uni, contribuant à façonner l’image internationale du pays autant que la couronne ou Big Ben.

L’impact sur les populations canines est réel et mesurable : le Corgi, race quasi-confidentielle au début du XXe siècle, compte aujourd’hui des millions de représentants sur tous les continents. Mais cet héritage porte aussi une responsabilité : préserver la race de manière éthique et scientifiquement rigoureuse, face à une surdemande qui menace sa santé génétique. La leçon des Corgis royaux dépasse largement le cadre de la monarchie : elle illustre comment l’influence d’une personnalité peut transformer durablement la relation entre l’homme et l’animal, pour le meilleur et pour le moins bon.

Si vous souhaitez en savoir davantage sur les races canines atypiques et leurs caractéristiques comportementales, le guide complet sur le chien loup américain offre une perspective fascinante sur les races aux origines ancestrales profondes. Et si la question du bien-être animal vous tient à cœur, les réflexions sur la sécurité et la liberté de mouvement des chiens méritent d’être explorées avec la même rigueur que celle qu’Elizabeth II appliquait au quotidien pour ses fidèles compagnons.

Questions fréquentes

Quelle race de chien avait la Reine d’Angleterre ?

Elizabeth II possédait principalement des Welsh Corgis Pembroke, une race galloise ancienne élevée pour la conduite du bétail. Elle en a eu plus de 30 en 70 ans. Elle a également possédé des Dorgis, un croisement Corgi-Dachshund né accidentellement.

Que sont devenus les Corgis de la Reine après sa mort en 2022 ?

Willow, le dernier Corgi vivant, a été confié au prince Andrew et est décédé en 2024. Les deux Dorgis, Muick et Candy, vivent également à Royal Lodge. Aucun Corgi n’a été conservé pour le service du roi Charles III.

Combien de chiens la Reine Elizabeth II a-t-elle possédés pendant son règne ?

Elizabeth II a possédé plus de 30 Corgis en 70 ans de règne (1952-2022), issus de deux principales lignées généalogiques. Elle a également eu environ 8 Dorgis. Le premier, Susan, lui a été offert pour son 6e anniversaire.

Pourquoi la Reine Elizabeth II aimait-elle tant les Corgis ?

La Reine a apprécié les Corgis pour leur petite taille adaptée aux palais, leur tempérament affectueux et intelligent, et leur noblesse. Susan, le Corgi fondateur, a voyagé avec elle le jour de son mariage en 1947, créant un lien émotionnel durable.

Quelles sont les caractéristiques principales du Corgi royal ?

Le Welsh Corgi Pembroke possède des pattes courtes, une silhouette basse, une expression alerte et vive, un poids de 12-15 kg et une intelligence remarquable. Élevés à l’origine pour la conduite du bétail au Pays de Galles, ils sont robustes et affectueux.

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